Qui sommes-nous?
ARET est un comité de parents d’enfants du quartier Notre-Dame de même que de citoyennes et citoyens inquiets et mobilisés pour la santé de leurs enfants et de toute la population de Rouyn-Noranda. Il demande à l’État québécois de prendre ses responsabilités et de protéger notre santé.
Surexposition à l’arsenic
L’étude de biosurveillance de 2018 a prouvé hors de tout doute l’imprégnation des enfants et confirme leur surexposition chronique à l’arsenic (As). En 2019, une autre étude de la Direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue confirme la surexposition chronique de toute la population du quartier Notre-Dame.
Dans ces études la Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue nomme clairement des recommandations pour la qualité de l’air et pour la restauration des sols:
- «des actions concrètes doivent être mises en place immédiatement par les acteurs clés afin que la population ne soit plus exposée de façon chronique à des émissions atmosphériques d’arsenic, de plomb et de cadmium entraînant une imprégnation supérieure à une population non exposée à des sources industrielles de ces métaux» (Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue, unité de santé environnementale, 2019, p.56-57)
- «la DSPu recommande que le seuil de restauration des sols, actuellement à 100 ppm, soit abaissé minimalement à 30 ppm, c’est-à-dire que le seuil s’arrime avec la valeur seuil québécoise permise pour les sols à vocation résidentielle» (Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue, unité de santé environnementale, 2020, p.54)
Le comité ARET a consulté de nombreuses sources concernant les risques pour la santé, pris connaissance de divers rapports (Loi et règlements, déclarations annuelles de la Fonderie, rapports de consultants externes embauchés par la Fonderie, avis de différentes directions du Ministère de l’environnement, ententes et correspondances entre les ministères et la Fonderie, etc.), effectué des rencontres avec des experts, analysé les résultats des émissions et concentrations, etc.
Les résultats de nos recherches ont permis d’en apprendre davantage, d’en arriver à des constats et de préciser nos attentes.
- La santé de la population est menacée.
L’exposition chronique à l’Arsenic a un impact prouvé sur le développement de cancers[1] (poumon, foie, peau, prostate, etc.) et favorise le développement et l’aggravation de problèmes endocriniens, cardio-vasculaires, neurologiques[2], respiratoires,… On note aussi une augmentation des fausses couches, bébés mort-nés et retards de croissance intra-utérine ainsi qu’une augmentation du nombre d’enfants présentant des retards de développement, un quotient intellectuel plus bas, des troubles d’apprentissage, d’attention et de concentration.
- La situation est connue de la Fonderie et du gouvernement depuis plusieurs décennies.
- Malgré tout ça, la Fonderie a augmenté jusqu’à 500 % ses émissions d’arsenic de 1997 à 2004!
- En 2004, même si un groupe d’experts demande au gouvernement d’exiger que la Fonderie diminue la moyenne annuelle de ses émissions d’arsenic à 10 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) et produise un plan rapidement pour réduire à 3 ng/m3, l’État a pris la décision de ne pas suivre leurs recommandations.
Il est impossible d’assurer qu’une moyenne annuelle de 15 ng/m3 d’arsenic n’aura pas d’effets neurotoxiques. La norme québécoise de 3 ng/m3 devrait être appliquée sur tout le territoire de la province.
- Les risques pour la santé augmentent avec la quantité et la durée d’exposition et que, plus on est exposé jeune, plus le risque est grand
- La norme québécoise de 3 ng/m3 dans l’air n’est respectée à aucune des stations de mesure de la Ville de Rouyn-Noranda (Dallaire, Hôtel de Ville, Dave Keon, école Notre-Dame de la Protection), même en 2020, année où les mesures de concentration dans l’air ont été les plus basses à la station légale.
- La présence de trois contaminants (arsenic, plomb et cadmium) a pour effet d’augmenter la toxicité. Outre l’arsenic, la Fonderie dépasse aussi les normes annuelles de plomb et de cadmium.
- 2007 : Une attestation d’assainissement, accordée par le gouvernement, autorise une moyenne annuelle d’émissions d’arsenic de 200 ng/m3, alors qu’en 2005 et 2006, la Fonderie émettait déjà en moyenne 150 ng/m3 par année.
- 2017 : Une nouvelle attestation d’assainissement autorise encore une moyenne annuelle d’émissions d’arsenic de 200 ng/m3 et demande de réduire à 100 ng/m3 pour 2021.
- Droit de polluer – Les attestations d’assainissement auraient dû être aux 5 ans et les exigences n’ont pas été augmentées jusqu’en 2021. « L’attestation d’assainissement établit les conditions sous lesquelles une entreprise exploitera ses installations. Renouvelée aux 5 ans, elle permet une évolution des exigences environnementales. Cela est permis en fonction des connaissances acquises, de l’évolution technologique, du contexte de chaque entreprise et des besoins de protection des milieux récepteurs » (MELCC).
Toujours en 2019, la Direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue réalise une caractérisation préliminaire des sols à l’arsenic, au cadmium et au plomb, dans le périmètre urbain de Rouyn-Noranda. Leurs conclusions :
- Le quart des terrains résidentiels évalués excède le seuil du Règlement sur la protection et la réhabilitation des terrains,
- La majorité de ces derniers se situe sur la rive sud du lac Osisko, au centre ville et dans le quartier Sacré-Cœur,
- Le secteur du Mont Powell est également très contaminé,
- La Fonderie est clairement la seule source émettant ces trois polluants.